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Perspectives nouvelles (1984-1990)

Perspectives nouvelles sur fond d'ouverture (1984-1990)

Le Colloque Choisir la solidarité
Enclenchée à l'automne 1984, lors du Forum sur l'avenir de la fonction publique, la démarche qui consiste à doter le SPGQ d'une plate-forme sur le rôle de l'État et l'avenir de la fonction publique conduit à la publication d'une analyse des coupures dans les services publics (mars 1986). En lançant l'offensive, le SPGQ s'engage à mettre sur la table des propositions de nature à s'attaquer aux difficultés économiques et financières du Québec, tout en stimulant son développement économique et social. Il publie le document Choisir la solidarité et organise un colloque où des spécialistes viennent livrer leur point de vue sur les politiques économiques et fiscales du Québec de même que sur la gestion des dépenses publiques.

Ce colloque, qui connaît un succès retentissant, aborde des sujets comme le choix d'une politique industrielle pour le Québec, la participation du mouvement syndical à l'élaboration des politiques économiques, la dépendance des femmes accrue par les mesures fiscales actuelles, la création du conseil des services publics et la lutte contre les forces qui minent la solidarité.

La négociation 1986-1987
Amorcée sur des propositions gouvernementales qui ne font que reconduire les reculs décrétés unilatéralement en 1982, la négociation débute dans un climat d'incertitude et d'affrontement. Au fil des rencontres, le SPGQ réussit à contrer plusieurs des propositions patronales initiales : maintien des 35 heures, élimination des bénéfices pour les membres travaillant en région éloignée, propositions salariales nettement insatisfaisantes, etc.

Deux journées de grève, les 3 et 16 décembre 1986, réussissent à ébranler le président du Conseil du trésor, M. Paul Gobeil, et à faire débloquer les négociations sur plusieurs aspects : ajustements salariaux, élimination des grades, mise sur pied d'un comité paritaire sur la valorisation des ressources humaines (CVTRH). Toutefois, le gouvernement instaure le régime de primes et la semaine de 35 heures avec pauses-santé.

À l'automne 1986, durant la négociation, le SPGQ publicise pour la première fois la compétence et le professionnalisme de ses membres sur deux des principaux réseaux de télévision. La qualité de ce message, qui frappe les observateurs, a pour but premier d'exposer à la population les mandats que remplit avec diligence et disponibilité le personnel professionnel du gouvernement. De cette campagne naît le slogan « Des expertes et experts-conseils au service de la population ».

Dossier de la discrimination fondée sur le sexe
Le SPGQ avait déposé, en avril 1981, une plainte concernant six corps d'emploi, à prépondérance féminine, moins bien rémunérés : agente et agent culturel, agente et agent d'information, bibliothécaire, diététiste, traductrice et traducteur, travailleuse et travailleur social. En janvier 1988, il commence à faire entendre son plaidoyer devant la Commission des droits de la personne (CDP) relativement à la plainte sur la discrimination sexuelle dans le traitement accordé à près de 1 000 membres du Syndicat, dans six corps d'emploi. Il s'agit alors du premier dossier de discrimination systémique entendu par la CDP.

Prolongation d'un an de la convention collective
En avril 1988, le président du Conseil du trésor propose à tous les syndicats des secteurs public et parapublic de prolonger de un an la convention collective, et ce, jusqu'en décembre 1988. À la suite des décisions prises par les déléguées et délégués concernant la classification et l'évaluation des emplois et du temps nécessaire pour parvenir à des résultats satisfaisants, et compte tenu de l'ampleur du travail à réaliser, les membres du SPGQ acceptent la prolongation de la convention collective jusqu'en décembre 1989, même si l'augmentation salariale proposée (4 % jusqu'à un maximum de 5 %, si l'inflation atteint ou dépasse ce taux) paraît à plusieurs peu satisfaisante.

L'évaluation et la classification des emplois
Amorcé à l'automne 1988, le processus d'évaluation des emplois s'avère long, difficile et exigeant. Proposé au départ pour les six corps d'emploi discriminés, l'exercice s'étend à tous les corps d'emploi représentés au SPGQ, ce qui oblige le Syndicat et le Conseil du trésor à entreprendre une longue négociation sur les critères d'évaluation, le déroulement du processus et l'interprétation des résultats.

Ce travail de longue haleine touche plus de 1 000 professionnelles et professionnels qui répondent à un long questionnaire sur leur emploi. Ce questionnaire sert à évaluer, sur une échelle de 1 000 points à partir de plusieurs facteurs, l'ampleur des tâches à accomplir, et à vérifier l'importance de plusieurs variables, par exemple le sexe, la région où se trouve le poste, l'échelon et le statut (occasionnel ou permanent). L'incidence de ces travaux est déterminante pour la négociation qui s'engage l'année suivante.

Quelques mois plus tard, un comité de classification est mis sur pied. Il a pour mandat d'étudier les divers modes de classification des emplois qui existent un peu partout et de proposer au comité de négociation, ainsi qu'à l'exécutif et aux organes du Syndicat, un mode de classification des emplois propre au SPGQ.

Des départs, des arrivées
Après une campagne conduisant à la signature de quelque 800 adhésions, l'APIGQ (l'Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec) fait une demande d'accréditation auprès du Tribunal du travail. Elle obtient cette accréditation le 22 août 1988, ce qui entraîne le retrait de près de 1 100 membres du SPGQ.

La perte de ces membres est contrebalancée en partie par l'arrivée dans les rangs du Syndicat, au cours des mois suivants, de professionnelles et professionnels des commissions de formation professionnelle (CFP) de la Montérégie et de l'Outaouais, et du Centre local de services communautaires (CLSC) Arthur-Caux. Cette arrivée ouvre de nouvelles perspectives au SPGQ qui regroupe maintenant du personnel professionnel ouvrant à l'extérieur de la fonction publique.

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