Recherche
 


Vers l'avenir (1991 à nos jours)

Vers l'avenir d'une organisation syndicale qui élargit son effectif

Le Congrès Passer à l'avenir
Désirant se préparer à la prochaine décennie, mieux organisé, mieux structuré et prêt pour de nouveaux défis, le SPGQ, dans le cadre de son 25e anniversaire, organise en 1991 son premier Congrès, sous le thème Passer à l'avenir. On y aborde, pendant trois jours, la réforme de l'organisation et des statuts et règlements, la place des femmes et des régions dans le syndicat, l'ouverture à de nouvelles formes de regroupement de professionnelles et professionnels, la révision du régime de négociation, la place des communautés culturelles au sein de la fonction publique, la mise sur pied d'une politique d'aide aux victimes du SIDA.

Les discussions débouchent sur plusieurs projets, porteurs d'avenir, dont la tenue des premiers États généraux des femmes professionnelles (avril 1992), le comité sur la place et le rôle des régions, et deux autres sur l'intégration des fonctionnaires fédéraux et des communautés culturelles.

Durant ce Congrès se tient un grand Gala du 25e anniversaire. C'est l'occasion de retrouvailles qui permet d'honorer, par l'attribution de l'Ordre du mérite du syndicalisme professionnel, des membres ou des personnes qui ont oeuvré, à divers titres, aux destinées du Syndicat. Cet Ordre accueille quatre nouveaux membres à chaque Congrès.

Les fêtes du 25e anniversaire se poursuivent pendant presque un an dans toutes les sections. Elles sont marquées par des initiatives propres à chacune, par l'édition de l'agenda du 25e, dans lequel on retrouve les éphémérides de l'histoire du SPGQ, et par la diffusion, en octobre 1991, d'un vidéo-documentaire d'une demi-heure relatant les étapes majeures qui ont marqué le SPGQ depuis sa fondation.

Le SPGQ poursuit ses efforts de regroupement
Après une première ouverture auprès du personnel professionnel oeuvrant à l'extérieur de la fonction publique, le SPGQ poursuit son travail de regroupement au début de 1991. Il réussit à recruter quelques centaines de nouveaux membres des Commissions de formation de professionnelle (CFP) du Bas-Saint-Laurent-Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, de Québec/Beauce- Appalaches et de la Côte-Nord, des CLSC Katéri et de la Haute-Yamaska, de l'Institut Pinel et de l'Institut de Police de Nicolet.

À la fin de l'année 1992, le Syndicat compte près de 1 000 membres hors fonction publique regroupés dans une vingtaine d'unités. Cela ne se fait pas sans heurts au sein de l'organisation et conduit à des débats nombreux et serrés qui rejettent une proposition d'élargissement en tournée de vote. Ce sujet est un enjeu majeur de la campagne électorale de 1992.

L'harmonisation de la TPS et de la TVQ provinciale ouvre la voie à l'arrivée dans les rangs de la fonction publique québécoise, en particulier au ministère du Revenu et au ministère des Affaires internationales, de centaines de fonctionnaires fédéraux, selon un processus d'intégration négocié entre les deux gouvernements. Le SPGQ s'enrichit de nouveaux membres et les professionnelles et professionnels des ministères concernés vivent une nouvelle expérience d'intégration. Par ailleurs, en 1993, la création de la Société québécoise de développement de la main-d'oeuvre (SQDM) amène le regroupement, en une seule entité administrative, du personnel professionnel des CFP et de plusieurs membres qui travaillaient au sein du ministère de la Main-d'oeuvre et de la Sécurité du revenu. Le personnel de la Société n'étant pas soumis à la Loi sur la fonction publique, les membres font maintenant partie d'une unité d'accréditation particulière, sont regroupés dans une section différente couvrant tout le Québec, la section N et sont représentés en majorité par le SPGQ.

Prolongation de la convention collective
Quelques mois après avoir signé la convention collective du SPGQ et huit mois après avoir signé les conventions des autres syndicats, le Conseil du trésor propose à tous les syndicats de prolonger la convention d'une autre année, soit du 1er janvier au 31 décembre 1992. Sa tentative, malhabile au départ, propose des limites à la négociation et des ajustements à la baisse des salaires.

Elle se heurte toutefois à une forte résistance syndicale qui contraint le gouvernement à réviser ses positions. La conclusion de l'entente sur la prolongation, effective en mai 1991, prévoit une prolongation de la convention collective de six mois et une augmentation de 3 %, au 30 juin 1992, dernier jour de la prolongation.

Cependant, quelques mois avant l'échéance des conventions collectives, le gouvernement, déclare qu'il est incapable de payer les augmentations dûment acceptées et signées. Il invoque comme prétextes d'une part, la crise économique et, d'autre part, le taux d'inflation moins élevé que prévu lors de la signature un an plus tôt. Le gouvernement propose alors aux syndicats d'apporter des modifications importantes aux ententes, sur les aspects tant salariaux que normatifs. En fin de compte, ces modifications signifient l'impossibilité de négocier quelque clause que ce soit avant 1993 et elles obligent à accepter les nouvelles augmentations salariales présentées unilatéralement par le Conseil du trésor.

Se regroupant en coalition intersyndicale, la CEQ, la CSN, la FTQ, la FIIQ, le SFPQ et le SPGQ s'opposent aux propositions patronales initiales, déposées en février 1992. Quelques semaines plus tard, la CEQ se retire de la coalition et décide de poursuivre seule sa négociation. Pendant deux mois, attaquant sans relâche et appuyé fortement cette fois par les médias et la population qui voient dans cette manoeuvre gouvernementale un non-respect de la signature des ententes, le Conseil du trésor recule à la fin avril, ébranlé surtout par la manifestation monstre, le 12 avril, de 50 000 syndiquées et syndiqués à Montréal et à Québec.

L'entente est finalement signée avec les cinq partenaires de la coalition au début de l'été. La convention est prolongée jusqu'en juin 1993. Les augmentations déjà prévues sont versées presque intégralement, le processus du dépôt des propositions normatives et salariales syndicales peut se faire à l'été 1993 et le gouvernement s'engage à achever plusieurs travaux, dont celui de la réforme du régime de négociation avant l'été 1993. La CEQ, pour sa part, parvient à une entente quelques semaines après les syndicats de la coalition.

Réforme de l'organisation
Compte tenu de l'arrivée de nouveaux membres, un peu partout au Québec, et de la nécessité de s'harmoniser avec les nouvelles régions administratives gouvernementales, le SPGQ modifie graduellement dès l'automne 1991, sa structure de représentation des membres. Dans chaque section, de nouvelles unités sont créées pour faire place aux nouveaux membres et de nouvelles sections apparaissent, qui épousent les limites territoriales des régions administratives : section K (Chaudière-Appalaches), section L (Laurentides-Laval-Lanaudière), section M (Montérégie).

Les premiers états généraux des femmes professionnelles
Pour faire suite aux recommandations du Congrès de juin 1991, un comité est mis sur pied dès l'automne 1991 pour la préparation des états généraux. Coordonnée par la nouvelle responsable du dossier des femmes, la création de ce poste faisant suite à une recommandation du Congrès, les états généraux sont tenus à la fin de mars 1992. Quelques centaines de professionnelles y participent. Elles proposent des mesures concrètes sur les droits parentaux, le développement des ressources humaines, les primes, la conciliation de la carrière et de la vie familiale, la représentativité des femmes dans les organes du Syndicat, etc. Elles proposent également que les états généraux deviennent permanents et se tiennent tous les deux ans.

Un syndicalisme d'affirmation face à l'État employeur
Les événements marquant la création et le développement du SPGQ, à partir des années 1960 jusqu'en 1992, permettent de constater que ce dernier a constamment dû promouvoir les principes d'un syndicalisme d'affirmation face à l'État employeur. Pendant ces années, le SPGQ a su regrouper un nombre de plus en plus grand de professionnelles et de professionnels tout en sachant maintenir des liens avec les autres organismes de syndiquées et syndiqués de l'État québécois.

À suivre...