Budget du gouvernement du Québec – Bons gestes en immigration et en éducation, mais des décisions de gestion préoccupantes

22 mars 2019

Québec, le 21 mars 2019 — Le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) accueille favorablement les réinvestissements en immigration, en santé et en éducation prévus dans le premier budget du gouvernement de François Legault.

 

« Nous réclamions depuis longtemps des réinvestissements pour l’immigration et enfin, on nous écoute, lance le président du SPGQ, Richard Perron. Le budget supplémentaire de 146 millions $ investi au ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion sera une bouffée d’air frais. Cela représente une augmentation de 42% du budget du ministère, essentiellement dans l’intégration et la francisation des immigrants. C’est une très bonne nouvelle. »

 

Le réinvestissement dans l’enseignement supérieur, notamment dans les cégeps, est également un pas dans la bonne direction pour le SPGQ. « L’augmentation de 5,1 % du budget consacré à l’éducation supérieure en 2019-2020 et une croissance annuelle de 3,8 % pour les deux années suivantes est notamment bienvenue », estime le président du SPGQ, Richard Perron.

 

Mieux gérer les technologies de l’information

Le SPGQ note que le gouvernement dit vouloir s’appuyer sur l’expertise développée par le Centre de services partagés du Québec pour la création du nouvel organisme Infrastructures technologiques Québec. « Mais, au lieu de jouer dans les structures, le gouvernement devrait écouter ses experts et améliorer son potentiel d’attraction et de rétention dans un domaine où la compétition est féroce », plaide M. Perron.

 

Le président du SPGQ déplore également que le gouvernement s’entête dans son intention de consolider ses centres de traitement informatique et de confier à des intérêts privés les données des Québécoises et des Québécois. « La Suède a fait l’erreur de confier des données sensibles à IBM et l’a regretté amèrement quand une fuite de données confidentielles est survenue, note M. Perron. Le gouvernement de François Legault serait mieux avisé de s’appuyer sur l’expertise de ses professionnelles et professionnels pour stocker les données de manière sécuritaire. »

 

Réduction déplorable des effectifs

Malgré les éloges du président du Conseil du trésor, Christian Dubé, envers la fonction publique, celui-ci annonce une réduction de 5 000 équivalents temps complet au cours des quatre prochaines années, dont 1 311 dans la prochaine année. « Le gouvernement commençait à peine à réinvestir dans ses effectifs. Le premier ministre François Legault a-t-il l’intention de faire le contraire de ce qu’il disait dans l’opposition en coupant dans l’expertise et les services à la population? », questionne M. Perron. Le gouvernement dit vouloir préserver les services aux citoyens malgré ces réductions d’effectifs, mais c’est illusoire. Les expériences passées démontrent que c’est impossible.

 

En 2016, le Protecteur du citoyen du Québec a été clair à ce sujet : couper dans les ressources de la fonction publique entraîne inévitablement une diminution des services aux citoyens. « L’intention du gouvernement semble témoigner d’une position simpliste. À titre d’exemple, les retards dans le traitement de certains dossiers au ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques auraient entraîné la perte d’occasions d’affaires et même des fermetures d’entreprises », indique Richard Perron, président du SPGQ.

 

De plus, les réductions d’effectifs mènent trop souvent à du gaspillage de fonds publics relié à une augmentation de la sous-traitance à un coût supérieur à celui des ressources internes. Dans le budget de dépenses 2018-2019, le gouvernement précédent avait d’ailleurs admis que le recours aux ressources internes était moins coûteux. « Espérons que le nouveau gouvernement retiendra ce qu’il disait lorsqu’il était dans l’opposition. M. Dubé affirme vouloir donner au personnel du gouvernement les moyens d’exercer son rôle. Il doit maintenant le démontrer et donner suite aux engagements reliés aux comités promis pour régler l’écart salarial de 23 % dont souffrent les professionnels du gouvernement du Québec », demande M. Perron.

 

Des professionnels pour garder les contrats à l’œil

Alors que le gouvernement entend réaliser des travaux routiers majeurs, le SPGQ rappelle l’importance d’investir dans l’expertise des professionnels pour la gestion des contrats. « La commission Charbonneau a démontré à quel point la perte d’expertise au sein du gouvernement a constitué un terreau fertile pour la collusion et la corruption, rappelle M. Perron. Le gouvernement doit réaliser ce qu’il réclamait lorsqu’il était dans l’opposition. »

 

À propos du SPGQ

Le SPGQ est le plus grand syndicat de personnel professionnel du Québec. Créé en 1968, il représente quelque 26 000 spécialistes, dont environ 18 400 dans la fonction publique, 4 750 à l’Agence du revenu du Québec et 2 850en santé, en éducation et dans les sociétés d’État.

 

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Source
Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec
 
Renseignements
Nathalie Côté
Conseillère à l’information
418-780-5107 | nathalie.cote@spgq.qc.ca
 
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