Formation de la main-d’œuvre – Québec doit exiger une meilleure entente du fédéral

5 juin 2019

Québec, le 5 juin 2019 — Alors que le gouvernement fédéral s’apprête à verser 800 millions $ à Québec pour la formation de la main-d’œuvre, le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) réclame que la possibilité d’embaucher des ressources professionnelles internes soit incluse dans l’entente avec le fédéral.

 

En effet, la précédente entente échue depuis 2017 prévoit que les sommes transférées par le gouvernement fédéral soient versées à des organismes sans but lucratif (OSBL) voué à la recherche d’emploi. « Québec ne peut donc pas utiliser cet argent pour embaucher du personnel et bonifier l’offre de services du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale (MTESS), dénonce Richard Perron, président du SPGQ. Le premier ministre François Legault doit se tenir debout devant le gouvernement fédéral. Le Québec devrait pouvoir dépenser l’argent comme il l’entend, comme c’est le cas pour les transferts en santé. »

 

Confier ces sommes à des OSBL pour assurer leur survie comporte aussi un effet pervers important : une mauvaise distribution des sommes en fonction des besoins. La région de Chaudière-Appalaches, par exemple, avait le plus bas taux de chômage de la province l’an dernier. Pourtant, 3,6 millions $ étaient dépensés pour des services professionnels en sous-traitance, soit 862 $ par prestataire d’aide sociale. Pour la même année, Montréal recevait un peu plus d’un million, soit 15 $ par prestataire.

 

Depuis 2013, le MTESS a accordé entre 800 et 1000 contrats en sous-traitance par an pour un total de 200 à 300 millions $ par année. « Le plus absurde, c’est que l’argent est versé même si les objectifs ne sont pas atteints, car le gouvernement veut assurer la viabilité de ces organismes, critique M. Perron. Est-ce vraiment le rôle de l’État ? Nous croyons qu’il devrait plutôt confier ces tâches à son personnel professionnel. »

 

À titre d’exemple, le MTESS pourrait mettre fin à la sous-traitance abusive dans les services-conseils en orientation. Au début des années 2000, le ministère employait une trentaine de conseillers en orientation pour offrir des services aux chercheurs d’emploi. Il n’en compte plus aucun aujourd’hui.

 

Le personnel professionnel du MTESS pourrait pourtant réaliser plusieurs des travaux donnés en sous-traitance. Les principaux intéressés estimaient d’ailleurs dans une proportion de 78% qu’il serait plus efficace de réaliser certains travaux à l’interne, selon un sondage réalisé par le SPGQ en 2017.

 

Québec n’a pas à se faire imposer par Ottawa la manière de dépenser les sommes qu’il reçoit en transfert pour la formation de la main-d’œuvre. Ces sommes doivent pouvoir servir à bonifier les services gouvernementaux.

 

À propos du SPGQ

Le SPGQ est le plus grand syndicat de personnel professionnel du Québec. Créé en 1968, il représente quelque 27 000 spécialistes, dont environ 19 100 dans la fonction publique, 4 980 à l’Agence du revenu du Québec et 2 920 en santé, en éducation et dans les sociétés d’État.

 

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Source
Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec
 
Renseignements
Nathalie Côté
Conseillère à l’information
418-780-5107 | nathalie.cote@spgq.qc.ca
 
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