Pandémie : comment conserver une bonne santé mentale?

Santé, sécurité au travail : Santé mentale en temps de pandémie

Confinement, télétravail, contagion, perte d’emploi ou de revenu, enfants à la maison… Tout ceci fait beaucoup à gérer en même temps. En ce temps de crise pandémique, ressentir du stress ou de la peur est tout à fait normal. Votre capacité d’adaptation et de résilience peut également être mise à rude épreuve.

Sur différents plans, chacun est à risque de se sentir plus déprimé, frustré ou anxieux face à la crise. Rappelez-vous qu’il est normal de vous sentir affecté émotionnellement lors d’évènements d’aussi grande ampleur. Plusieurs stratégies sont proposées par les professionnels de la santé pour mieux gérer votre santé psychologique durant la crise. En voici quelques-unes.

Adaptation au télétravail

Parmi les nombreux bouleversements occasionnés par la pandémie, on retrouve le déploiement massif du télétravail dans plusieurs milieux de travail. Bien qu’un projet-pilote fût déjà en vigueur, l’intensité de la crise a forcé salariés et employeurs à procéder sans préavis, sans procédure claire et, bien souvent, sans les outils informatiques requis.

Cette nouvelle réalité de travail peut vous donner l’impression de perdre le contrôle sur votre routine et sur votre prestation de travail. C’est d’autant plus vrai qu’en situation de crise, de nouveaux mandats peuvent arriver sur votre table de travail. Pour plusieurs, la présence des enfants à la maison s’ajoute à cela. Vous devez donc modifier de façon importante votre façon de travailler (flexibilité des heures, réunions virtuelles, périodes de concentration perturbées, etc.).

En contexte de télétravail sur une période prolongée, les gestionnaires devraient se centrer davantage sur le suivi des livrables ou des mandats, plutôt que sur le nombre d’heures travaillées. Cela permet ainsi d’améliorer le sentiment de productivité et de rehausser la motivation de chacun.

À ce propos, si des consignes ne sont pas claires ou que vous vous sentez isolé, parlez-en à votre employeur. Même chose si le travail et la vie familiale sont difficiles à concilier. Parfois, aucune solution n’est envisageable, mais le partage du vécu de l’un et de l’autre permet une meilleure compréhension et un soulagement. C’est d’autant plus vrai dans le contexte actuel où les contacts physiques et visuels directs sont absents.

Si les relations avec votre gestionnaire ou vos collègues sont difficiles, vous pouvez également faire appel à votre délégué syndical. Ainsi, les délégués et les représentants patronaux doivent prendre le temps de résoudre ces problèmes, même en temps de crise. Des réunions virtuelles de comités ministériels des relations professionnelles (CMRP) peuvent également être organisées afin d’avoir le son de cloche de l’employeur sur la crise et de partager régulièrement les craintes et les défis face à celle-ci.

Maintien d’un bon équilibre mental pendant le confinement

L’isolement et la perturbation de vos activités quotidiennes en période de confinement peuvent également générer ou amplifier des sentiments d’ennui, de tristesse et parfois même de dépression. Pour vous aider à conserver une bonne santé mentale et à réduire l’anxiété engendrée par la crise, les spécialistes recommandent ceci :

  • Conserver une bonne hygiène de vie : faire de l’exercice, sortir de la maison (en respectant les règles de distanciation sociale), bien dormir, manger des repas équilibrés, s’étirer, méditer, etc.;
  • Se garder stimulé intellectuellement;
  • Maintenir, dans la mesure du possible, une routine normale;
  • S’accorder des périodes de détente et de divertissement;
  • Conserver une vie sociale en organisant des soupers ou cafés virtuels avec ses proches, privilégier le téléphone et la vidéoconférence avec les collègues, etc.;
  • Éviter la surexposition aux médias (y compris les médias sociaux) et se rappeler que les médias rapportent plus souvent ce qui va mal que ce qui va bien.

Rappelez-vous que les manifestations de stress, d’anxiété et de peur peuvent varier d’une personne à l’autre. Elles peuvent être tant physiques (maux de tête, insomnie, perte d’appétit, diminution d’énergie, etc.), émotionnelles (sentiment d’impuissance, d’insécurité, vision négative, etc.) que comportementales (irritabilité, agressivité, pleurs, augmentation de la consommation, etc.)[1].

Lorsque ces émotions persistent, s’aggravent ou affectent votre quotidien de manière importante, il serait bénéfique d’aller chercher de l’aide. Vous pouvez communiquer avec votre CLSC, votre médecin, un psychologue, etc. Vous pouvez également faire appel à votre Programme d’aide aux employés (PAE) pour obtenir de l’aide psychologique professionnelle.

Pour conclure, souvenez-vous que cette situation n’est que temporaire, alors bon courage!

 

Article rédigé par Edith Tessier-Grenier, conseillère en santé et sécurité du travail et Étienne Blanchette, conseiller à l’organisation du travail

Magazine L’Expertise – Mai 2020

 

[1] Ministère de la Santé et des Services sociaux, Stress, anxiété et déprime associés à la maladie à coronavirus COVID-19, Québec, Gouvernement du Québec. https://publications.msss.gouv.qc.ca/msss/fichiers/2019/19-210-14W.pdf