Journée internationale des droits des femmes : haro sur la discrimination

8 mars 2020

Québec, le 8 mars 2020 — La Journée internationale des droits des femmes a été créée afin de mettre en avant la lutte pour leurs droits et pour la réduction des inégalités à leur endroit. Une inégalité criante persiste pourtant, celle de la discrimination salariale où des femmes, pour des tâches équivalentes, obtiennent des salaires moindres que leurs confrères.

Le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) ne cherche pas à faire porter l’odieux de la situation aux hommes, bien au contraire. Cependant, malgré l’adoption de la Loi sur l’équité salariale il y a bientôt 25 ans, il observe que les écarts salariaux causés par la discrimination fondée sur le sexe demeurent.

Selon l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS), l’écart de rémunération pour des postes équivalents entre l’administration québécoise (majoritairement féminine) et les entreprises publiques (majoritairement masculine) comme Hydro-Québec, par exemple, est de 24 % en moyenne. Ces employés appartiennent pourtant tous à des institutions publiques qui rendent des services à la population et dont le budget relève du Secrétariat du Conseil du trésor. L’IRIS en conclut donc que les employés de l’administration québécoise, surtout des femmes, subissent de la discrimination systémique fondée sur le sexe.

De son côté, le SPGQ a constaté qu’il existe également une discrimination salariale systémique au sein des entreprises publiques. Pour plusieurs catégories d’emploi de professionnels, les organisations à majorité masculine sont plus nombreuses à offrir des salaires élevés que les organisations à majorité féminine. Les écarts peuvent être importants entre les organisations, jusqu’à 15 000 $ par an dans certains cas.

Il serait tentant de conclure que les différences salariales des catégories d’emploi des professionnels entre les organisations reposent peut-être sur des exigences différentes des emplois. Cependant, les postes analysés étaient variés, plusieurs étaient similaires d’une organisation à l’autre, et ils nécessitaient généralement une formation universitaire. Les écarts portent donc probablement sur d’autres facteurs comme les priorités gouvernementales et certains facteurs historiques.

Or, si les différences salariales des emplois des professionnels entre les organisations ne reposent pas sur les exigences des emplois, cela confirme l’existence d’une discrimination salariale systémique fondée sur le sexe au sein des entreprises publiques. Encore une fois, les femmes en sortent grandes perdantes. Cette situation doit cesser.

Les professionnelles des secteurs de la santé, de l’éducation, de la culture et de la fonction publique en général réclament des correctifs pour mettre un frein à cette discrimination systémique. Un signal fort et compris par tous les employeurs du Québec doit venir affirmer la valeur du travail de toutes les femmes.

Des correctifs fondés sur un ajustement salarial rétroactif, et non pas sur une simple formule basée sur une indemnité forfaitaire, doivent être introduits. Les ajustements doivent être appliqués aussi au régime de retraite et d’assurances de ces femmes, sans quoi elles seront pénalisées davantage.

Le Québec est une société de droit. Son gouvernement a actuellement la marge de manœuvre financière pour corriger cette grave iniquité et ce régime discriminatoire. Comment se fait-il que le statu quo, l’aveuglement et l’inaction persistent à ce sujet ?

Dans une société démocratique comme le Québec, où son premier ministre se dit préoccupé par la violence faite aux femmes – qu’elle soit physique ou psychologique –, comment se fait-il que le gouvernement tolère la violence économique envers les femmes qui constituent la majorité de son effectif ?

Si notre premier ministre est réellement outré par TOUTE forme de violence envers les femmes, souhaitons que l’année 2020 en soit une d’évolution historique qui fera en sorte que jamais plus les femmes ne seront pénalisées financièrement au motif qu’elles sont des femmes.

 

 

Line Lamarre
Présidente du SPGQ