Si la parole avait valeur d’action

15 décembre 2020

Québec, le 15 décembre 2020 – Si la parole avait valeur d’action, aucune des quelque 20 000 professionnelles du gouvernement du Québec ne subirait de la discrimination systémique. À emploi équivalent, elles recevraient un traitement équivalent à celui de leurs collègues masculins.

Si la parole avait le poids identique de l’action, aucune professionnelle ni aucun professionnel de l’État ne devrait avoir à s’exprimer dans une langue autre que celle prescrite au Québec dans le cadre de ses activités professionnelles, sauf exceptions circonscrites par la Charte de la langue française.

Si la parole avait la même densité que l’action, aucune pierre d’un édifice patrimonial reconnu ne sombrerait sous le pic des démolisseurs, pas plus qu’aucune bibliothèque, ni aucune institution muséale ne fermerait ses portes.

Si la parole avec la teneur de l’action, l’environnement aurait priorité sur le béton et nulle experte ou nul expert ne devrait être contredit ou marginalisé lorsqu’elle ou il tire la sonnette d’alarme en disant que le Québec fait fausse route.

Si la parole avait la grâce de l’action, aucune retraitée et aucun retraité ne devrait peiner à boucler ses mois en raison d’une non-indexation récurrente depuis 40 ans des rentes de retraite.

Si la parole avait la dextérité de l’action, aucune professionnelle ni aucun professionnel ne devrait accuser un retard salarial de 39 % sur celui de professionnels à l’emploi d’une municipalité ou d’une ville.

Si la parole avait le souffle de l’action, aucune professionnelle ni aucun professionnel ne devrait lutter pour protéger et faire respecter ses conditions et son temps de travail.

Si la parole avait la force de l’action, aucune professionnelle ni aucun professionnel ne devrait réclamer leur droit à la déconnexion, à la sécurité au travail et à l’obtention d’une compensation des coûts reliés au télétravail.

Si la parole avait la forme de l’action, aucune professionnelle ni aucun professionnel n’aurait à faire reconnaître ses besoins d’améliorer la qualité de vie de sa famille, ce qui passe par un horaire flexible, la possibilité de faire du télétravail, l’octroi de congés pour responsabilités familiales ou la présence d’un service de garde sur les lieux de travail.

Si la parole équivalait à l’action, aucune professionnelle ni aucun professionnel ne demanderait à ce que son employeur reconnaisse son rôle essentiel dans l’offre de services offerts à la population.

Si la parole égalait l’action, les professionnelles et professionnels verraient leur implication et leur dévouement reconnus, sachant qu’elles et qu’ils sont, chaque jour, des rouages essentiels offrant des services précieux qui contribuent à la mise en œuvre des politiques publiques. Si tel était le cas, les professionnelles et professionnels seraient ainsi valorisés à la hauteur de leurs compétences, de leurs responsabilités et de leurs réalisations.

 

 

Line Lamarre
Présidente du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec