Hommage aux militantes du SPGQ

Article publié dans le magazine L’Expertise – Décembre 2021

Par Émilie Beauchesne, conseillère à la vie syndicale : dossier des femmes, PAÉ et comité sur la diversité


L’histoire du SPGQ est celle du Québec moderne. Elle est l’héritière des luttes sociales et féministes. À l’apogée de la Révolution tranquille et de la deuxième vague du féminisme, en 1966, le SPGQ s’est constitué comme un outil collectif pour défendre l’ensemble des professionnelles et professionnels salariés de l’État québécois dans les secteurs public, parapublic, péripublic et municipal.

Un constat s’impose pour notre syndicat, après plus de 50 ans d’existence : le SPGQ poursuit sa marche vers une plus grande justice sociale, notamment grâce à la détermination des femmes qui le constituent. Combatives, elles se sont impliquées dans différents dossiers et ont su mettre de l’avant des enjeux et des solutions dont l’ensemble des membres bénéficient.

Les pionnières du SPGQ

En 1974, près de 10 ans après la création du SPGQ, Nicole Lemay a été la première femme élue au comité exécutif à titre de deuxième vice-présidente. En 2003, Carole Roberge est deve­nue la première présidente du Syndicat. En 2018, les membres ont élu pour une seconde fois une femme à la présidence, Line Lamarre, en plus de se doter d’un comité exécutif paritaire, inclusif et diversifié.

Des dossiers importants

Une après l’autre, les élues ont porté des enjeux liés à l’organi­sation du travail et au bien-être au travail des membres. Voici, en rafale, quelques exemples de leurs actions :

1978

À la demande des membres Maria de Koninck et Claire Denis, le conseil syndical a créé le comité permanent de la condition féminine du SPGQ, maintenant connu sous l’appellation de comité des femmes.

1979

Le gouvernement a versé un montant forfaitaire de 1 000 $ aux membres des six corps d’emplois victimes de discrimination salariale fondée sur le sexe. Ce geste a constitué une première admission du phénomène et s’est avéré le déclencheur d’une longue lutte menée par nos membres pour l’équité salariale, qui s’achèvera en 1997. Les membres ont fait preuve de ténacité et d’un courage inébranlable dans ce dossier. Leur lutte a d’ailleurs inspiré des milliers d’autres femmes à revendiquer un salaire égal à travail égal.

Les membres ont voté favorablement pour l’ajout de congés parentaux rémunérés dans la convention collective. Une première !

1983

Afin de répondre à la féminisation de la fonction publique, le SPGQ a féminisé la dénomination du syndicat en adoptant le nom de Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec. Une première pierre à l’édifice était apportée en matière d’écriture inclusive.

1986

À l’automne, après de longs travaux, le règlement sur les programmes d’accès à l’égalité (PAÉ) est entré en vigueur. Ce dernier donnera lieu à la mise en place, en 1994, du PAÉ syndical, qui est toujours actif.

1989

La Coalition en faveur de l’équité salariale a été mise sur pied. Une membre du comité des femmes, Claire Milette, en est cofondatrice. Dans ce dossier, comme dans plusieurs autres, les actions du Syndicat ont eu des répercussions, tant pour ses membres que pour l’ensemble de la population québécoise.

1992

Le SPGQ a organisé les premiers États généraux des femmes du SPGQ. Ils portaient sur les sujets suivants : l’organisation du travail, les droits parentaux, le développement des ressources humaines, les primes, la discrimination sexuelle à incidence salariale et l’organisation de la vie syndicale. Ces thèmes sont toujours des préoccupations récurrentes des membres.

1995

À la suite d’une recommandation des États généraux des femmes, un comité sur la problématique de la conciliation famille-travail a été créé. Trois ans plus tard, le conseil syndical a adopté la Politique-cadre favorisant la conciliation du travail et de la famille.
À ce jour, le SPGQ est encore très actif dans le dossier, notamment au sein de la Coalition pour la conciliation famille/travail/études (CCFTÉ).

L’histoire se poursuit

La représentation de femmes à des postes électifs est primor­diale afin de faire progresser certains enjeux. Aujourd’hui, grâce au travail acharné des militantes du SPGQ, les membres bénéfi­cient de congés de maternité et parentaux payés, de garderies en milieu de travail, de la reconnaissance du harcèlement, de l’accès à l’équité salariale, etc.

Toutefois, les femmes, au SPGQ comme ailleurs, arrivent à des postes électifs au compte-gouttes. Sans mesure, la représenta­tion paritaire et/ou proportionnelle sera difficilement attei­gnable. Selon le Forum économique mondial (FEM), à l’échelle mondiale, la parité serait atteinte seulement… en 2189.

Il en est de même pour les personnes élues à l’Assemblée natio­nale. Le projet de loi no 39 Loi établissant un nouveau mode de scrutin doit absolument être adopté avec les articles concernant la parité. Sinon, le Québec écopera d’une réforme partielle qui non seulement fait fi d’un pan de la réalité, de connaissances et de savoirs, mais aussi d’une partie de sa population.

En somme, la participation des femmes à la vie démocratique est un enjeu majeur pour elles, mais aussi pour toute la population. Il s’agit même d’une question de droits et de défense de ceux-ci. À ce propos, l’expérience du SPGQ parle d’elle-même.